Partager l'article ! Discours d'Arnaud Bazin lors des Assises Départementales du Handicap: C’est avec une certaine satisfaction, je dirais même une satisfaction c ...
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C’est avec une certaine satisfaction, je dirais même une satisfaction certaine, que j’ouvre ces 1ères Assises départementales du Handicap. Oui, c’est une satisfaction de nous voir tous réunis autour de cet enjeu essentiel et je tiens à remercier chaleureusement l’ensemble des personnes qui ont travaillé à l’organisation de ces Assises, Monsieur le Maire, Monsieur le Vice Président, Madame Marion Leroux, Madame Céline Poulet, et tous ceux qui ont accepté de participer à cette rencontre, Monsieur le Délégué territorial de l’ARS, et vous tous qui êtes ici.
Je voudrais raconter à notre honorable assistance une petite anecdote qui, peut-être, illustre à quel point les élus que nous sommes sont attentifs aux questions qui entourent aujourd’hui la problématique de la prise en charge des personnes handicapées en Val d’Oise. Remontons un peu le temps, et revenons au 24 mars dernier, entre les deux tours des dernières élections cantonales. La chaîne de télévision VOTV organisait un débat entre mon prédécesseur à la tête du Conseil général et moi-même. Sur les 40 minutes qu’a duré l’émission, nous en avons consacré quasiment la moitié à la question de la MDPH et à la question du transport des personnes handicapées. Au grand dam d’ailleurs du présentateur arbitre du débat, peut-être moins sensibilisé que nous, élus, à l’importance du sujet. A mes yeux, cet échange avec mon adversaire est bien la preuve qu’il existe au sein de l’Assemblée départementale une vraie conscience partagée des enjeux liés à la question du Handicap, peut-être au-delà même des clivages partisans. Ceux qui me connaissent savent que je m’en réjouis.
Je voudrais également profiter de la présence de Monsieur Yves Manzini, Délégué territorial pour le Val d’Oise de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France, pour me féliciter de voir se dessiner un dénouement heureux en ce qui concerne le transport des travailleurs handicapés vers leurs établissements de travail. Dans cette affaire, comme d’ailleurs dans toutes les autres, je veux redire avec force que le Conseil général a été guidé depuis le début par la défense de l’intérêt des valdoisiens, par la défense des travailleurs handicapés de notre département et par celui de leurs familles. Je veux vous dire, Monsieur le Délégué territorial, que je connais la lourdeur de votre charge, ces dossiers problématiques qui s’accumulent sur votre bureau. Mais c’est l’honneur du serviteur de l’Etat que vous êtes de tout mettre en œuvre pour assurer le bon fonctionnement des services que la loi met à votre charge. En retour, vous pouvez être assuré que le Conseil général du Val d’Oise ne faillira pas à ses propres missions, je m’en fais le garant devant vous et devant notre honorable assistance. Voilà, Monsieur le Délégué territorial, ce que je souhaitais vous dire. Je vous serai gré de bien vouloir répercuter ce message de soutien auprès de Monsieur le Directeur Général de l’Agence Régionale de Santé aux prises, lui aussi, avec d’innombrables difficultés, comme la presse dominicale s’en est encore fait l’écho avant-hier.
Je l’ai dit, je le redis et je le martèle, notre engagement en faveur des personnes handicapées et de leur entourage est total. La tenue de ces Assises Départementales du Handicap est un signe fort du Conseil général pour marquer cet engagement.
Comment est née cette idée de rassembler les acteurs du Handicap, élus, représentants de l’administration, représentants du secteur associatif ? Vous me permettrez, pour vous donner un éclairage sur la genèse de cet événement, de citer le Nouveau Testament, qui nous dit qu’il faut « rendre à César ce qui appartient à César ». Hé bien, rendons à Monsieur le Maire de Bessancourt ce qui lui appartient, et attribuons à la nouvelle majorité au Conseil général ce qui relève de son initiative.
Dans nos « 11 propositions pour 2011 », notre feuille de route aux élections cantonales de cette année, nous avions programmé la création d’un cycle de Conférences Sociales du Conseil général. Cette idée, qui procède de la nécessité bien comprise de concerter largement les acteurs du secteur social, de faire remonter les expériences de terrain et de proposer des orientations politiques nouvelles, aboutit en cette rentrée.
Sachez, par exemple, que le Conseil général, à l’initiative de Philippe Métézeau, Vice Président en charge des Affaires Sociales, a réuni le 13 septembre dernier l’ensemble des responsables des CCAS du Département pour la 1ère rencontre des Conférences Sociales du Conseil général. Cette rencontre nous a notamment permis de réfléchir à des synergies que nous pourrions mettre en place ou développer entre les acteurs locaux que sont les CCAS et le Conseil général.
Et, peu après notre arrivée aux affaires, Monsieur le Maire de Bessancourt, qui avait certainement lu de près notre programme électoral, nous proposait d’organiser dans sa ville une rencontre à vocation départementale sur le thème du Handicap. Mon ami Thierry Sibieude en a tout de suite accepté le principe, et voici pourquoi nous sommes ici aujourd’hui, pour ces Assises Départementales du Handicap. C’est donc déjà la deuxième rencontre des Conférences Sociales du Conseil général, et à mes yeux certainement une des plus nécessaires.
Car, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, comme vous le savez, l'application de la loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées qui a créé les Maisons Départementales des Personnes Handicapées ne s'est pas faite sans difficultés. Des difficultés que nous rencontrons - il faut bien le dire - encore aujourd'hui.
L’objectif initial était ambitieux : il s'agissait, par l’intermédiaire de la mise en place des MDPH, de mettre à disposition des personnes handicapées un guichet unique pour l’accueil, l’information et la prise en charge des situations. Cela apparaissait sur le papier comme une démarche incontestablement positive, une avancée pour les personnes en situation de handicap et leurs proches, trop souvent ballottés de service en service par des administrations travaillant chacune de leur côté.
Cependant, et nous le savons tous ici, la mise en application de ces dispositions a été très compliquée in situ. Le Val d'Oise est bien sûr loin d'être le seul département concernés par ces problèmes, ce qui bien sûr ne constitue en rien à mes yeux une excuse pour se défausser de nos responsabilités.
Que constatons-nous ? Nous constatons des délais d'instruction des dossiers très longs, par exemple, qui engendrent incompréhensions et incertitudes pour les personnes fragiles que sont les personnes handicapées alors que, bien souvent, leur bien-être au quotidien dépend du versement régulier d'une prestation, ou de l'octroi d'une carte d'invalidité. Car, si la bonne volonté des personnels de la MDPH que je salue n'a jamais fait défaut, nous sommes forcés de constater également que leurs efforts constants au service des usagers peinent malheureusement aujourd'hui encore à se concrétiser.
Constatons également que la simplification des démarches, qui était l’objectif affiché de la loi de 2005, a eu bien du mal à trouver sa traduction sur le terrain – et c'est un euphémisme.
C’est le 20 octobre 2005 que la MDPH du Val d'Oise a été inaugurée. Il y a 6 ans déjà. Il est plus que temps de concrétiser les avancées promises par la mise en place de la MDPH. C’est partant de tous ces constats que nous avons identifié la nécessité de réunir ces Assises Départementales du Handicap. Avec Thierry SIBIEUDE, Vice-Président du Conseil général en charge de l'accueil et de l'accompagnement des personnes handicapées et Président de la MDPH, que beaucoup d'entre vous connaissent, nous voulons repenser et renouveler la politique en faveur du Handicap. Ces Assises doivent être un des jalons de cette redynamisation.
C’est dans cet esprit de redynamisation que le 11 juillet dernier le Conseil général a voté la construction d'une véritable MDPH. Ce nouveau bâtiment de 4000m2, situé au cœur du site du Campus de Cergy, au cœur donc du Conseil général, permettra de rassembler les services aujourd'hui dispersés sur trois sites distincts.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, ne vous y trompez pas : c’est bien un choix fondamental qui a été fait, qui engage toute la nouvelle majorité du Conseil général. En ces périodes difficiles sur le plan des finances locales, c’est un investissement particulièrement important qui marque notre entière détermination à avancer dans la voie d’une prise en compte enfin optimale des besoins des personnes handicapées. Il en coûtera aux alentours de 11 millions d’euros, ce qui est considérable, je le répète, mais ce qui n’est en rien un luxe. Nous nous battrons pour que cet équipement soit édifié dans les meilleurs délais. Le calendrier prévoit une livraison pour la fin de l’année 2013, mais la prudence qui s’impose dès lors que l’on parle de réalisations de cette ampleur m’interdit malheureusement de vous confirmer formellement cette échéance. En tout état de cause, je veillerai personnellement, et Thierry Sibieude avec moi, à la bonne marche des travaux.
Nous n’avons pas voulu rester les bras croisés en attendant, aussi l'installation de locaux préfabriqués sur le même site du Campus va d'ores et déjà permettre, à partir du mois de février, de rapprocher les services entre-eux. Cette première concentration sera déjà - n'en doutons pas - un gage de plus grande efficacité.
En tout état de cause, en face des enjeux, et, encore une fois, croyez le Président du Conseil général quand il vous assure qu’il y est sensible, nous ne devons pas rester inertes.
Nous ne devons pas nous interdire de nous regarder nous-mêmes. Sommes-nous aussi efficaces que nous devrions ? Offrons-nous à nos concitoyens les meilleurs services possibles ? Nos associations valdoisiennes sont-elles structurées de façon optimale ? Comment concilier au mieux nos programmes d’investissement et les créations de places en établissements qui en découlent avec la raréfaction inéluctable des ressources publiques ?
Face à ces interrogations, au risque de me répéter, il est de mon point de vue nécessaire que les acteurs du monde du handicap, et en premier lieu le Conseil général, soient mobiles et ne craignent pas d’examiner toutes les pistes d’évolutions qui paraîtraient souhaitables.
Bien évidemment, personne n’a la science infuse ni de baguette magique. Les réponses à ces questions seront apportées au fil de la concertation entre le Conseil général et vous, les acteurs du monde du Handicap.
Mon ami Thierry Sibieude, Vice Président en charge de l'accueil et de l'accompagnement des personnes handicapées et Président de la MDPH a tout de suite pris à bras le corps ces volumineux dossiers. Je sais qu’il a déjà engagé cette concertation et qu’il la poursuivra au mieux des intérêts des personnes handicapées et plus largement au nom de l’intérêt général. Je lui fais toute confiance pour proposer à l’Assemblée départementale les solutions qu’il aura retenues de ces échanges avec vous.
Ces problèmes d’ordre matériels et organisationnels nous sautent tous aux yeux. Ils sont aujourd’hui prépondérants. Permettez-moi de considérer cependant que, pour les personnes handicapées, pour celles qui les entourent et pour celles qui les aident, les attentes sont certes fortes en ce qui concerne les conditions matérielles d’accueil et d’accompagnement, mais qu’il n’en reste pas moins que l’Humain a son importance. Pour moi, c’est bien cette reconnaissance, qui ne va pas de soi, de l’humanité de ces situations de handicap. Je sais, mon cher Thierry, que tu partages cette vision. Alors oui, certes, nous devons mobiliser nos ressources pour la MDPH. Mais nous devons veiller avec autant de soin au facteur humain à l’œuvre dans le monde du Handicap, car, comme le dit le Petit Prince de Saint Exupéry, « l’essentiel n’est-il pas invisible pour les yeux » ?
Cette prise en compte de l’Humain a également guidée notre démarche lorsqu’il a été question de vous proposer ces Assises. Le déroulement de cette journée a été conçu autour de cela.
Car ce que nous vous proposons en définitive cet après-midi et jusqu’à ce soir, au-delà des discours politiques, c’est de réfléchir ensemble aux meilleurs moyens de prendre en compte les différentes périodes de la vie des personnes handicapées.
Petite enfance, dépistage, accompagnement précoce, sont des thèmes très forts, porteurs d’une charge émotionnelle évidente pour qui les vit…
Ensuite et logiquement les enjeux liés à l’Education et à la Formation. L’intégration des personnes handicapées dans la société progresse, nous pouvons nous en réjouir, mais chacun peut mesurer le chemin qu’il reste encore à accomplir.
Enfin, le vieillissement, qui fait l’objet de tant de débats quand les risques qu’il induit concernent les valides, sera abordé aujourd’hui sous l’angle spécifique du vieillissement des personnes handicapées.
En tant qu’organisateur des Assises, le Conseil général attend de vous, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, que vous éclairiez l’action politique. Nous attendons des tables-rondes de cet après-midi un état des lieux, mais aussi que se dégage un cheminement vers des propositions concrètes et adaptées aux différents âges de la vie des personnes en situation de handicap.
Malgré ce travail conséquent, la journée ne sera pas terminée à 18h. Nous avons le plaisir de vous convier à rester avec nous jusqu’à tard dans la soirée, puisque sont prévus, outre le cocktail dînatoire, la présentation de l’exposition de photographies du GEM 78, que je remercie, puis une représentation de la Compagnie des Arts du Cirque TEWHOOLA, que je remercie également. Ensuite sera projeté le film de Nils Tavernier « Et après Docteur, et après ? », qui traite du thème de l’annonce du handicap aux parents, et qui viendra illustrer nos débats de l’après-midi. Débats qui se poursuivront avec le grand public et qui se clôtureront par les interventions de Thierry Sibieude et de Monsieur le Maire de Bessancourt, que je remercie encore une fois pour sa bonne lecture du programme électoral de la majorité départementale et pour son accueil dans sa commune, qui nous fait honneur.
Voilà, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs ce que je voulais vous dire en quelques mots, sans être trop long. Je vais sans plus tarder passer la parole à Monsieur l’Inspecteur d’Académie. Permettez-moi de redire encore une fois toute ma détermination pour que ces prochaines années soient, dans notre département, des années utiles, des années d’avancées pour les personnes handicapées, pour leur accueil et pour leur accompagnement.
Je vous remercie.
Un groupe d'élus actifs au Conseil général du Val d’Oise